Comment penser l'appropriation d'un parcours de formation sur LMS ?

Ici mon mémoire pour le CAFFA, qui témoigne des efforts que j'ai faits, en tant que formateur-qui-devient-un-formateur-à-distance, pour m'approprier le parcours M@gistère 'Algorithmique, Programmation et Informatique-NIV 2', et pour concevoir la formation hybride qui l'a mis en oeuvre. Celle-ci a été donnée en février 2019 à des professeurs de technologie de l'académie de Paris. Ce mémoire pour le CAFFA traite de l'appropriation d'un parcours par un formateur-concepteur.

@LMGaudin

Ci-dessous mon mémoire pour le master, qui traite de l'appropriation d'un parcours par un apprenant et par un formateur. Sa partie théorique est beaucoup plus solide.

le 28/10/2020

Pierre Rabardel (1995) est souvent cité par les chercheurs qui étudient l'appropriation. Ce professeur de psychologie et d'ergonomie (Paris 8) a cherché à conceptualiser les relations entre les hommes et les objets et propose un modèle conceptuel appelé « l'approche instrumentale » pour rendre compte de l’activité humaine instrumentée. Il s'intéresse aux multiples situations où les objets et systèmes sont des moyens d’actions pour les hommes, c’est-à-dire des instruments de leurs actions. Dans la littérature scientifique, les situations d'activité avec instrument font généralement référence à une triade sujet-instrument-objet située dans un environnement. Entre ces trois pôles s'établissent trois types d'interactions directes : sujet-instrument, sujet-objet, et instrument-objet. Entre chacun de ces trois pôles et l’environnement s’établissent aussi des interactions.

Il est fondamental, pour la compréhension de ce modèle, de bien faire la distinction entre les deux sens que le mot ’objet’ prend dans les phrases ci-dessus. Quand il s’agit d’un moyen d’agir, l’objet est l’entité que l’homme manipule physiquement ou mentalement et est nommé « artéfact » ; cela peut être un outil, une procédure, etc. Quand il s’agit de la triade qui situe et décrit l’activité instrumentée, le mot ‘objet’ est utilisé dans son acception symbolique, et représente le but conceptualisé de l’activité. Il est alors nommé « objet de l’activité ».

Pour ce chercheur, l'instrument médiatise la relation que le sujet entretient avec l'objet de son activité pendant l'action. Pour observer, réfléchir et améliorer cette relation, l' « instrument » est une notion qui favorise le point de vue anthropocentré : il est produit par le sujet, qui l'élabore, le développe et l'utilise en agissant, et il représente le moyen que le sujet met en œuvre pour atteindre l'objet (le but) de son activité. L'instrument est mixte ; il est constitué d'une part de schèmes (la part schématique de l'instrument), c'est à dire d'un bagage d'expériences, de modes opératoires et de façons de faire, et d'autre part d'un artéfact (la part artéfactuelle de l'instrument), qui peut être matériel ou symbolique. L'instrument est propre à chacun, et témoigne finalement de l'appropriation de l'artéfact par le sujet.

Je propose dans mon mémoire une lecture de ce modèle, en le contextualisant à la formation sur LMS. Ainsi, le sujet est le professeur-apprenant, l'artéfact est le parcours de formation sur le LMS M@gistère, et l'objet (le but) de l'activité est, pour le professeur-apprenant, le but de son action totale de formation, c'est à dire la transformation effective et efficace, pour ses élèves, de sa pratique professionnelle. L'instrument étudié médiatise donc la relation que le professeur-apprenant entretient avec le but de son action totale de formation. Il est particulier car il représente un moyen d'agir qui opère selon deux temps : le temps court de la formation formelle (le parcours), et le temps long de l'action totale de formation. La conclusion du mémoire propose de considérer que, pour penser l'appropriation d'un parcours sur LMS, il faut se demander dans quelle mesure le parcours pourra permettre à l'apprenant d'élaborer et de développer son instrument. C'est à dire, pour l'apprenant, les efforts d'instrumentation que le parcours va nécessiter, et les possibilités d'instrumentalisation du parcours, que celui-ci va lui permettre d'explorer.

Finalement, ce mémoire propose des concepts pour faciliter un dialogue d'acteurs de la formation sur l'appropriation, par un apprenant, d'un parcours de formation sur LMS, et insiste sur l'idée qu'un tel parcours doit être considéré par l'ensemble des acteurs comme un projet de formation formelle qui pointe vers un but intermédiaire sur le chemin de l'appropriation, à savoir : permettre au professeur-apprenant d'élaborer, de développer et d'utiliser l'instrument qui lui permettra d'amorcer et de poursuivre jusqu'au but son action totale de formation.

Les schémas ci-dessous illustrent en gris, le cas général, et en couleur, le cas d'une formation sur LMS.

L'instrument médiatise la relation Sujet-Objet de l'activité

 

 

 

 

Vous devez être connecté(e) pour commenter, recommander, partager cette ressource

Se connecter ou Créer un compte

Avertissement : cette ressource est publiée sous la responsabilité de son auteur. Signaler cette ressource